L’art de partir en «nowhere», selon Lapierre

«Toi, après avoir atteint le pôle sud en solitaire, tu dois trouver ça plate une petite rando au Québec?» 

Je l’ai entendu souvent celle-là et pourtant, non, je ne trouve toujours pas ça ennuyeux car le but est loin d’être le même.  Et mon but en ce mercredi de juin était d’aller relaxer en nature, sans me casser la tête, juste partir et apprécier ce que la nature avait à m’offrir. 

Même quand notre destination reste inconnue, il faut faire le nécessaire pour ne pas se perdre! — Photo Sébastien Lapierre

Alors où aller et que faire?  Du canot? Du kayak? De la rando? Dans Charlevoix ou au Saguenay?

Et si je mettais seulement tout mon matériel dans ma voiture et que je me laissais simplement guider par l’impulsion du moment.  Partir sur un nowhere!

C’est ainsi qu’avec une certaine quantité de matériel — qui me sera principalement inutile, j’en conviens —, j’ai pris la route pour une courte escapade en plein air.

La première décision que j’ai prise fut de prendre la route vers l’ouest, peut-être par automatisme car ces derniers temps toutes mes conférences ont eu lieux dans les environs de Montréal et que lorsque je fais cette route je ne fais que passer sans m’arrêter, alors que plusieurs lieux semblent pourtant très intéressants.  C’est donc ainsi que j’ai laissé écoulé quelques dizaines de minutes avant de prendre une sortie qui allait, je l’espère, me mener vers un lieu inspirant.  

Sans savoir très exactement où je me trouvais, j’ai décidé que ce coin serait parfait pour une petite rando et c’est muni d’un certain minimum que je me suis lancé vers une belle petite aventure qui allait m’offrir un superbe spot pour installer ma tente le soir venu! 

Comme quoi, même après avoir conquis le pôle sud en solitaire, il est encore possible de me laisser émerveiller par ce que la nature a à m’offrir… dans le nowhere.

Écoutez le récit complet dans le podcast.


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Épisode 03 / D’étonnantes aventures, le Gaspésia 100 au féminin et zoothérapie avec MAIKANA

Au programme de l’épisode 03 de L’Appel de l’aventure, on vous présente d’étonnants périples de dernière minute, dont l’expédition de Louis Rousseau au K2. On revient sur de belles performances féminines à l’ultra-trail Gaspésia 100. Et on conclut avec un entretien en compagnie de Laura Ducharme et de Frédérique Hébert, le duo derrière MAIKANA, qui fait de la zoothérapie en contexte d’aventure.

Un épisode présenté en collaboration avec Arc’teryx et en partenariat avec la boutique Pagaie Québec.

1:24 // Sébastien Lapierre nous explique son week-end original… sans destination.

3:57 // On se permet une indiscrétion et on vous parle du départ sous le radar de Louis Rousseau pour rien de moins que des «vacances» de dernière minute… au K2!

Zoothérapie en contexte d’aventure avec MAIKANA — Photo tirée de Facebook @maikanazoot

7:29 // Retour sur de belles performance au féminin au Gaspésia 100.

12:13 // MAIKANA, qu’est-ce que c’est que ça? La travailleuse sociale Laura Ducharme et la zoothérapeute Frédérique Hébert nous parlent de leur initiative unique qui conjugue animaux de compagnie et aventure dans un intéressant modèle d’intervention en plein air.


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Arc’teryx veut racheter votre vieux manteau

Preuve de la confiance dans ses vêtements et ses équipements, le fabricant canadien Arc’teryx s’attaque à son tour à la surconsommation et la surfabrication en mettant en place le programme Rock Solid Used Gear.

Du coup, sous certaines conditions — mais seulement pour le marché américain dans l’immédiat —, Arc’teryx propose de racheter manteaux, pantalons et autres sacs à dos qui ne servent plus. Les pièces reprendront ensuite une vie d’aventures avec un nouveau propriétaire.

Un programme de vente de vêtements et d’équipements usagés qui suit celui du géant californien Patagonia et son Worn Wear.

Une façon de réduire les vêtements et équipements envoyés aux ordures ou encore qui sont sous-utilisés.

«Nous utilisons plus de ressources que nous aimerions d’une planète surutilisée. C’est un problème. C’est pourquoi nous voulons que vous considériez ce manteau, non pas comme un manteau, mais comme un cercle. Si vous ne le portez plus, nous trouverons quelqu’un qui le fera», explique Arc’teryx sur le site dédié à Rock Solid Used Gear.

Pour le marché américain, Arc’teryx propose un site Web transactionnel pour son programme Rock Solid Used Gear. — Photo tirée de rocksolid.arcteryx.com

Voilà donc une bonne nouvelle pour l’environnement quand deux joueurs d’importance de l’industrie du plein air montrent de la sorte la voie à suivre pour le futur. Espérons que les initiatives se généraliseront chez les autres fabricants.

Au final, c’est aussi une bonne nouvelle pour les consommateurs qui pourront profiter de produits encore en pleine forme, à prix réduits.

Idem pour les collectionneurs et autres mordus des deux marques qui pourront dénicher des pièces rares ou uniques, ainsi remises en circulation.

Autant Arc’teryx que Patagonia ont mis en place une procédure pour recevoir le matériel usagé, l’évaluer, le racheter, le nettoyer et le remettre en état pour la revente sur le Web.

Reste à savoir quand l’initiative d’Arc’teryx sera aussi en vigueur au Canada.

Probablement une affaire de taille de marché qui justifie ce départ 100% américain, question d’avoir suffisamment de produits usagés pour faire marcher le programme, tout en simplifiant le processus de rachat et de revente à l’intérieur d’un même territoire.

S’il nous faudra être patient pour pouvoir tirer avantage à notre tour du marché de l’usagé de la sorte, voilà tout de même un pas dans la bonne direction.


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À 10 ans, elle gravit le Nose sur El Capitan

À l’âge où jouer à la Barbie et faire du dessin bien tranquille à la maison est davantage de rigueur, la jeune Selah Schneiter, 10 ans, vient plutôt de gravir en cinq jours les 31 longueurs et quelque 1000 m du mythique Nose, dans le parc national de Yosemite.

Du coup, la jeune grimpeuse de Glenwood Springs, Colorado, devient la plus jeune personne à réaliser l’exploit sur le big wall californien.

Selah Schneiter, 10 ans, a pris cinq jours pour gravir le mythique Nose, une paroi de près de 1000 m au coeur du parc national de Yosemite. — Photo tirée de Facebook

Le record appartenait jusque-là à Scott Cory, qui avait grimpé à 11 ans la légendaire voie à deux reprises en 2001, dont une fois en une journée.

Selah Schneiter a réalisé l’ascension en compagnie de son père Mike et d’un ami de la famille, Mark Regier. Elle a réalisé en premier de cordée la première longueur de la voie et la traverse sur ancrages fixes du Boot Flake.

Selon le magazine Outside, la jeune fille a l’escalade dans le sang. Ses parents sont tombés amoureux en escaladant El Cap et Selah a fait son premier séjour dans la vallée de Yosemite à l’âge de seulement huit semaines.

Joy, la mère de Selah, avait des appréhensions malgré le fait qu’elle soit elle même une grimpeuse d’expérience. «J’étais inquiète de ses capacités à faire autant de travail en étant aussi petite. Mais je savais que Mike allait la garder en sécurité. Je suis vraiment fière d’elle», a-t-elle commenté à Outside.

Son père Mike possède l’école d’escalade Glenwood Climbing Guides.

Et si le record est menacé, c’est peut-être au sein même de la famille Schneiter. Zeke, le frère de 7 ans de Selah, est aussi un grimpeur.

Passionné, il espère déjà faire l’ascension du Nose l’an prochain. Une possible aventure mère-fils, a affirmé Joy. Ce sera à surveiller.


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Concert de sax au sommet du monde

Dans tout le tumulte des décès et de l’achalandage hautement médiatisés sur l’Everest (8848 m) ce printemps, une performance inusitée au sommet a été éclipsée.

En effet, le 16 mai 2019, le Norvégien Håkon Erlandsen, surnommé le «Jazzathlète», a poursuivi sa série de concerts inédits en montagne.

Une fois arrivé sur le toit du monde, Erlandsen a sorti son saxophone Yamaha conçu spécialement et a retiré son masque d’oxygène avant d’amorcer la pièce de circonstance Everest.

Dans l’air raréfié du sommet de la planète — qui contient 30% de l’oxygène du niveau de la mer — l’alpiniste a joué aussi bien que possible dans le froid et après l’effort de la montée.

Håkon Erlandsen à l’oeuvre au camp de base de l’Everest. — Photo tirée de Facebook

«J’avais extrêmement froid durant toute la performance. À la fin de la pièce Everest, je ne sentais même plus mes mains, et je n’arrivais pas à sentir si je pressais les bonnes touches sur l’instrument», a raconté Erlandsen sur le site de Drytech, son commanditaire de nourriture.

Reste que le musicien est un habitué de ce genre de concert. S’il a — assurément — battu son record d’altitude pour jouer du saxophone, Erlandsen s’était déjà exécuté sur d’autres hauts sommets du monde, notamment l’Aconcagua l’an dernier.

C’est que le Norvégien est en voie de compléter la liste des Sept sommets avec son saxophone dans le sac à dos, un exploit qu’il devrait compléter d’ici la fin de l’année. Ce faisant, il espère battre le record de vitesse norvégien, détenu en 1055 jours par son compatriote Torkjel Hurtig.

Une série documentaire en sept épisode, Chasing Summits: A Musical Ascension, sera produite au terme de l’aventure, tandis que chaque sommet sert d’inspiration à une pièce inédite.

Pour ne rien manquer de l’aventure: chasingsummitsfilm.com


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Épisode 02: Défis de course uniques et la chronique de famille de Joanie St-Pierre de Ti-Mousse dans Brousse

Au programme de l’épisode 02 de la baladodiffusion L’Appel de l’aventure, on vous entraîne dans le monde de la course d’exception en compagnie d’Hélène Dumais et d’Alexandre Genois, puis on vous présente la première chronique famille de Joanie St-Pierre, fondatrice de Ti-Mousse dans Brousse.

Un épisode présenté en collaboration avec Arc’teryx et en partenariat avec la boutique Pagaie Québec.

1:54 // Jean-Sébastien s’entretient avec l’athlète d’endurance Hélène Dumais, qui nous parle du récent Défi du bûcheron/Lumberjack Challenge qu’elle a complété récemment durant le week-end de course du Marathon d’Ottawa.

13:07 // Le coureur en sentier Alexandre Genois se prépare au Tor des glaciers, une hallucinante balade à travers les Alpes de 450 km en continu pour un total de… 32 000 m de dénivelé positif!

27:00 // Notre nouvelle collaboratrice Joanie St-Pierre, fondatrice de Ti-Mousse dans Brousse, présente sa première chronique famille. Elle nous présente le concept de déficit nature et nous parle des bienfaits fondés du plein air dès le plus jeune âge.


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Épisode 02: Le phénomène du déficit nature et les bienfaits du plein air

Peut-on être en manque de verdure? Et ici je ne parle pas de cette salade que vous avez écartée de vos choix à votre dernière sortie au restaurant…

Pour sa première collaboration famille à la baladodiffusion L’Appel de l’aventure, Joanie St-Pierre, fondatrice de Ti-Mousse dans Brousse, nous présente le concept de déficit nature et nous explique les bienfaits du plein air dès le plus jeune âge.

Joanie St-Pierre durant l’enregistrement de l’épisode 02 de L’Appel de l’aventure.

De plus en plus occupés dans une société qui file à vitesse grand V, nous voilà à constater que nous payons probablement le prix d’avoir oublié notre vraie nature.

À tout le moins, des spécialistes observent que le phénomène de déficit nature existe bel et bien et que ses effets ont des conséquences physiques, psychologiques et économiques sur la population.

Déterminée à aider les jeunes familles à se «reconnecter» avec l’environnement naturel par la pratique d’activités en plein air, Joanie St-Pierre s’intéresse grandement à la problématique et elle fait le point sur la question dans l’épisode 02 de L’Appel de l’aventure.

Le sujet a piqué votre curiosité? Pour en savoir davantage, Joanie vous propose en complément la lecture d’une étude d’Angélie Bellerose-Langlois et les bouquins Last Child in the Woods de Richard Louv et Perdus sans la nature du chroniqueur de La Presse François Cardinal.

La question vous interpelle? Réagissez dans les commentaires et faites-nous part de vos initiatives et solutions.


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Sac Louis Vuitton à 1860$ pour grimpeurs chics

Louis Vuitton et l’escalade… le rapport vous vous demandez? Jusqu’ici, aucun.

Mais récemment la prestigieuse marque des riches et célèbres s’est inspirée de l’univers de l’escalade pour créer un sac masculin petit format.

Résultat, un sac à «pof» (la poudre de magnésie utilisée pour assécher les mains des grimpeurs) en cuir de vache imprimé du motif classique «VL» offert pour la modique somme de… 1860$ canadiens!

Le petit sac de 12x17x11 cm, baptisé Nano Chalk, fait partie de la collection printemps 2019 du designer Virgil Abloh.

Le Nano Chalk se porte à l’épaule ou en bandouilière grâce à une courroie en cuir comportant une chaîne ajustable par un mousqueton, évidemment.

Assurément une création qui n’est pas destinée un instant à un usage dans l’univers vertical, mais le look est là!

Des intéressés?


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Votre fidèle tente… toxique?

Voilà une révolution dans l’univers du camping qui risque de faire du bruit. Convaincu que le traitement ignifuge des tentes est toxique pour les campeurs, voilà que le fabricant Mountain Hardwear a décidé d’arrêter de l’utiliser à partir de cette saison.

«On a étudié les produits chimiques et on s’est tous regardés autour de la table avant de se demander si on voulait dormir dans une tente où les produits étaient appliqués», a raconté en entrevue à Adventure Journal le président de Mountain Hardwear, Joe Vernachio, faisant référence à la rencontre où la décision a été prise. «On a tous dit non.»

Une décision qui survient après deux ans de réflexion et qui ne ferait pas suite à des demandes des consommateurs, assure Vernachio. «Ces produits chimiques ne sont pas bons pour personne. Autant pour les gens qui fabriquent les tentes que pour les utilisateurs.»

Pour marquer le coup et tester les nouvelles possibilités, l’entreprise américaine a remanié en grand sa gamme de tentes ce printemps. Par exemple, orangées depuis toujours, les vénérables Trango d’expédition passent à un surprenant rouge et bleu.

Mais au-delà de la couleur et quelques détails techniques, dans le descriptif, cette mention qui fait fois de tout: «Cette tente pourrait ne pas être conforme à la norme CPAI-84 (This tent may not adhere to CPAI-84)».

Vous savez, ces étiquettes d’avertissements toujours trop grosses qui décorent l’intérieur de votre nouvelle tente? Voilà CPAI-84. Une norme d’ininflammabilité utilisée aux États-Unis et au Canada qui date déjà d’un bon moment.

Un standard qui vise à assurer une certaine sécurité pour minimiser les risques d’incendie. CPAI-84 n’exige pas spécifiquement un traitement ininflammable des textiles, mais les tests exigés demandent une certaine résistance. Quand on sait que les matières synthétiques et le feu ne font pas bon ménage, on comprend l’idée d’avoir recours à des produits chimiques pour atteindre le standard.

Mais contrairement à la vieille norme, les matières utilisées ont évolué. Si bien que débarrassés des traitements ignifuge, certains nouveaux textiles pourraient être mis de l’avant. À Adventure Journal, Vernachio fait d’ailleurs remarquer que les fabricants européens de tente n’utilisent pas de traitement ignifuge.

Reste à voir les conséquence d’une telle décision chez les détaillants. Vont-ils suivre Mountain Hardwear dans ce virage et vendre les tentes malgré tout? Et les consommateurs? Se sentiront-ils davantage en sécurité… ou moins qu’auparavant?

Et pourraient-ils y avoir des suites légales à pareille décision, bien que la norme soit d’une autre époque et suivie, selon Vernachio, plus par réflexe et complaisance, à défaut d’avoir mieux?

Une chose est sûre, le président de Mountain Hardwear est confiant que le choix de son entreprise est le bon. «Je crois que la norme (CPAI-84) sera réécrite ou tout simplement éliminée des règlements», prédit Vernachio.


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Everest: derrière l’image dramatique, l’exploit du surhomme Nirmal «Nims» Purja

Le 22 mai, Nirmal Purja a pris cette photo durant sa descente du sommet de l’Everest (8848 m). Devenue virale, l’image a mis en lumière l’achalandage monstre cette saison sur le toit du monde. Purja a estimé à 320 grimpeurs qui espérait toucher au sommet seulement ce jour-là. — Photo tirée d’Instagram @nimsdai

Vous avez vu l’incroyable image. Une longue file dense de grimpeurs dans les derniers mètres qui mènent au sommet du toit du monde, à 8848 mètres d’altitude.

Honnêtement, si je n’avais pas suivi le déroulement de cette intense saison 2019 à l’Everest, j’aurais cru à un montage Photoshop. Pourtant, un mélange de fenêtres météo limitées et de permis d’ascension nombreux ont mené à cette situation dramatique bien trop réelle…

J’ai eu un malaise et un vertige à imaginer ce que devait vivre les dizaines de grimpeurs ainsi «embouteillés» dans la zone de la mort, exposés aux effets de l’altitude et de la météo.

Ce jour-là, ils étaient environ 320
à vouloir atteindre le sommet

Ils étaient environ 320 à vouloir atteindre le sommet ce jour-là seulement, selon le grimpeur Nirmal «Nims» Purja. Le 22 mai, il était du nombre. Victorieux, c’est lui qui a pris durant la descente la photo qui est depuis devenue virale.

Une image qui a frappé l’imaginaire collectif et qui a mis en lumière l’achalandage monstre cette saison sur le toit du monde. Un facteur de plus qui ajoute aux risques d’une ascension déjà périlleuse.

Mais pour «Nims», c’était une simple journée de plus au bureau dans sa quête incroyable de gravir les 14 sommets de 8000 mètres de la planète… en sept mois continus!

Un record qui exploserait de façon spectaculaire la marque précédente détenue par le Polonais Jerzy Kukuczka, en 7 ans, 11 mois et 14 jours.

Plusieurs d’ailleurs mettaient en doute la possibilité de réaliser pareil défi colossal en si peu de temps. Mais ces derniers jours, «Nims» a donné le ton et démontré de quelle bouse de yak il se chauffait.

En moins de trois jours, l’ancien officier des forces spéciales britanniques a enchaîné l’Everest, le Lhotse et le Makalu. Son record précédent pour ce tour du chapeau était de cinq jours.

C’est ainsi qu’en 31 jours seulement, il a déjà soustrait six sommets (Dhaulagiri, 8167 m / Kangchenjunga, 8586 m / Everest, 8848 m / Lhotse, 8516 m / Makalu, 8485 m / Annapurna, 8091 m) à la prestigieuse liste.

C’est ce qui s’appelle démarrer en lion!

Ce qu’il a baptisé Project Possible arrive maintenant dans sa deuxième phase du côté des 8000 mètres pakistanais. Et la partie n’est pas gagnée.

Il faut dire que l’aventure n’a pas été de tout repos… et pas seulement pour les raisons qu’on devine.

Déjà, l’équipe du surhomme népalais a dû faire face à deux sauvetages risqués en haute altitude où il y a eu morts d’hommes. Notamment celui très médiatisé concernant le Malaysien Chin Wui kin, un médecin porté disparu et présumé mort sur l’Annapurna pendant une quarantaine d’heures après avoir atteint le sommet.

Dans la séquence vidéo ci-dessus, on voit «Nims», dans sa combinaison complète en duvet à motif camouflage, s’adresser au pauvre Dr Chin attaché dans un traîneau de fortune, avant une délicate descente en rappel.

«Mon ami, tu restes fort OK? Tu t’en vas à la maison. OK? Tu es OK? […] On travaille très fort pour toi!» lance en anglais Nirmal Purja au Malaysien, qui répond par des râlements aux encouragements du Népalais.

Gravement atteint, mais évacué vivant de la montagne, l’homme est finalement mort une fois rendu dans un hôpital de Singapour quelques jours plus tard.

Si tout va comme il le souhaite, Nirmal Purja pourrait compléter sa collection de 8000 mètres en octobre.

D’ici là, il devra assurer le financement de l’aventure, qui n’est toujours pas bouclé pour la suite. Une collecte sur gofundme est d’ailleurs en cours pour amasser plus de 500 000 $CAN.

Car au-delà de l’exploit sportif, il y a toute la logistique derrière la quête du Népalais d’origine. Notamment les permis, l’équipement et l’encadrement, mais aussi le transport en hélicoptère entre les différents sommets.

Un déploiement lourd pour favoriser la vitesse qui ne fait pas l’unanimité dans la communauté de la montagne, notamment chez les plus traditionnels pour qui le style dicte tout.

Car «Nims» utilise de l’oxygène supplémentaire pour les ascensions et emprunte les voies normales, utilisant les cordes fixes quand elles sont nécessaires et disponibles.

Et bien de son temps, le grimpeur n’hésite pas à documenter et commenter ses ascensions — parfois de manière sensationnaliste — sur les réseaux sociaux.

Mais avouons-le, ça fait un bon show.

Pour ne rien manquer de l’expédition: Facebook et Instagram.


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